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Salaires des cadres en recul : ce que le baromètre Apec 2026 change pour les managers

Pour la première fois depuis 2010, la rémunération médiane des cadres recule : 54 k€ bruts annuels en juin 2026, soit -1,8 % sur un an, selon le baromètre annuel de l’Apec publié début novembre. Pour un manager qui prépare ses budgets et ses entretiens de fin d’année, ce chiffre change la conversation avec ses équipes.

En bref
  • Rémunération brute médiane des cadres : 54 k€, en baisse de 1,8 % ; le fixe médian reste stable à 52 k€.
  • 46 % des cadres ont été augmentés en 2026, contre 53 % en 2025 et 60 % en 2024.
  • Le salaire réel a reculé de 3,6 % entre 2025 et 2026.
  • Les cadres en milieu de carrière, ceux des services, du commerce et des PME sont les plus touchés.

Que dit exactement le baromètre 2026 de l’Apec ? #

L’étude repose sur une enquête menée en juin 2026 auprès de 19 000 cadres du secteur privé. Sa conclusion principale tient en une ligne : ce n’est pas le salaire fixe qui baisse, c’est tout ce qui l’entoure.

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Le fixe médian reste à 52 k€. Ce qui tire l’ensemble vers le bas, ce sont les primes et les augmentations. Seuls 48 % des cadres ont perçu une part variable cette année, contre 50 % en 2025 et 54 % en 2024, d’après la fiche officielle du baromètre sur le site de l’Apec.

Côté augmentations, la pente est encore plus nette : 46 % des cadres augmentés en 2026, soit 7 points de moins qu’en 2025 et 14 points de moins qu’en 2024. Autrement dit, les entreprises ont serré la vis sur les leviers les plus faciles à ajuster d’une année sur l’autre.

Pourquoi parle-t-on d’une perte de pouvoir d’achat ? #

Selon l’Apec, la progression de la rémunération médiane des cadres reste inférieure à l’inflation depuis 2007. Entre 2025 et 2026, leur salaire réel a reculé de 3,6 %. Sur l’ensemble de la période, la perte cumulée atteint 11,6 %, chiffre repris par Helloworkplace dans son analyse du baromètre.

Annelore Coury, directrice générale de l’Apec, y rappelle un point souvent oublié : les revalorisations du Smic n’ont aucun effet mécanique sur les salaires des cadres. Quand les grilles du bas remontent et que celles du haut stagnent, l’écart se resserre, et le sentiment de déclassement grandit.

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Qui est le plus exposé dans vos équipes ? #

Le recul ne frappe pas tout le monde de la même façon. D’après les chiffres détaillés publiés par Helloworkplace, la médiane des moins de 30 ans reste stable à 43 k€ et celle des 50 ans et plus à 62 k€. Les 30-49 ans, eux, décrochent : de 60 k€ à 58 k€ chez les 40-49 ans.

La taille de l’entreprise compte aussi. Dans les structures de moins de 50 salariés, 36 % des cadres ont été augmentés. Dans celles de 5 000 salariés et plus, ils sont 57 %. Pour une PME, cela signifie que ses cadres confirmés comparent leur situation à un marché qui, lui, continue d’augmenter une majorité de ses profils.

Un écart femmes-hommes qui ne bouge pas

À poste et profil équivalents, femmes et hommes ont été augmentés dans les mêmes proportions. L’écart salarial reste pourtant de 6,8 %, selon l’Apec. Un indicateur à surveiller de près avec l’arrivée de la directive européenne sur la transparence salariale.

Est-ce que les cadres vont partir ? #

Pas tout de suite. Le marché de l’emploi cadre est dans une phase d’attente : les entreprises recrutent avec prudence et les projets de mobilité sont mis de côté. Mais l’Apec qualifie ces projets de « différés mais pas abandonnés ».

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Le baromètre montre surtout que bouger paie. En 2026, 61 % des cadres ayant changé d’entreprise sans passer par le chômage ont été augmentés, et 68 % de ceux qui ont changé de poste en interne. Chez ceux restés au même poste, la proportion tombe à 42 %.

Le message pour un responsable d’équipe est clair : si l’entreprise ne propose aucune évolution, le cadre qui veut progresser finira par chercher ailleurs, dès que le marché se rouvrira.

Quels leviers un manager peut-il actionner sans budget supplémentaire ? #

Le baromètre relie l’insatisfaction salariale à d’autres formes d’insatisfaction au travail : 57 % des cadres se disent insatisfaits de leur rémunération. Helloworkplace note que ce ressenti déborde sur le climat de l’entreprise, la relation au manager ou le sens donné au travail. L’étude établit un lien, pas une relation de cause à effet, mais le signal mérite d’être pris au sérieux.

Premier levier : la mobilité interne. Puisqu’elle s’accompagne plus souvent d’une augmentation, ouvrir des postes en interne avant de recruter dehors est un moyen concret de retenir les profils de milieu de carrière.

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Deuxième levier : la clarté. Près d’un cadre sur deux ne sait pas situer sa rémunération par rapport à celle de ses collègues. Expliquer la grille, les critères d’augmentation et le calendrier coûte peu et désamorce beaucoup de frustrations. Sur apec.fr, 68 % des offres d’emploi cadre affichent déjà un salaire, signe que la transparence devient la norme.

Troisième levier : l’entretien annuel. Avec un variable en recul, il devient le seul moment où l’on parle franchement de trajectoire. Mieux vaut y arriver avec des données de marché, comme celles de l’Apec, qu’avec des promesses floues.

Questions fréquentes #

Quelle est la rémunération médiane d’un cadre en 2026 ?

54 k€ bruts annuels en juin 2026, variable compris, selon l’Apec. Le fixe médian est de 52 k€.

Combien de cadres ont été augmentés cette année ?

46 % des cadres du privé, contre 53 % en 2025 et 60 % en 2024.

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Changer d’entreprise permet-il d’être mieux payé ?

Dans le baromètre 2026, 61 % des cadres ayant changé d’entreprise sans période de chômage ont été augmentés, contre 42 % de ceux restés au même poste.

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